Historique
À l'origine aux États-Unis, le mot
punk
décrit le rock'n'roll basé sur des guitares
électriques des groupes « Garage » des
60's tels The Seeds, The 13th Floor Elevators et des groupes de
Detroit, The Stooges et MC5. Ce qui est maintenant appelé
60's punk ou protopunk pour éviter une confusion.Le mot punk
aurait été utilisé la première fois par
Lester Bangs (critique rock) pour qualifier la musique des motors
city five (MC5)
Les influences du punk-rock sont aussi des groupes de glam rock
tels que The New York Dolls, mais aussi les groupes de rock
britannique comme The Who, The Kinks première manière
et les artistes de l'avant-garde new wave new-yorkaise (Patti
Smith, Suicide, Television) et The Heartbreakers avec Johnny
Thunders et Jerry Nolan. On constate un fort désir de
retourner à la spontanéité et la
simplicité du rock primitif et un rejet de ce que les punks
ont perçu comme prétentieux, mercantile et pompeux
dans l'arena rock des
années 1970, engendrant les formes grandiloquentes du heavy
metal et du rock progressif. Par contraste, le punk a
délibérément renforcé la
simplicité de ses mélodies, refusant toute
démonstration ostentatoire de virtuosité et engageant
n'importe qui à former son propre groupe dans sa cave ou son
garage. Les paroles ont apporté une nouvelle
radicalité d'expression dans les sujets politiques et
sociaux, traitant souvent de l'ennui urbain et du chômage.
Les thèmes sexuels étaient abordés de
façon crue et ne se limitaient plus à l'amour
sublimé qui était chanté ailleurs ou aux
métaphores suggestives (et souvent transparentes,
d'ailleurs) qui avaient cours dans le rock (puis la pop) et qui
avaient suscité à l'origine de vives
polémiques.
Aux États-Unis, les Ramones ont posé, à
partir de 1974, les jalons du punk américain dans une
version qui reste alors très rock'n'roll et parfois
considérée comme les prémices du pop-punk. The
Germs, formés autour de Pat Smear, ont sorti en 1977 leur
single Forming/Sexboy (live), souvent
considéré comme le tout premier disque punk de Los
Angeles. Richard Hell est un autre jalon important, tant pour
l'image (t-shirt déchiré) que pour le son avec son
titre Blank Generation. À New York,
le magasine Punk est fondé en 1976 par le
dessinateur John Holmstrom, Ged Dunn et Legs McNeil.
Au Royaume-Uni, certains ont pu écrire que des groupes
traditionnellement rattachés au courant "pub rock",
l'équivalent des garage
bands américains au milieu des années
1970, pourraient représenter les prémices de
l'explosion punk britannique de 1976-77, en raison de
l'énergie de leur musique et de leur vitesse
d'exécution ; parmi eux : Doctor
Feelgood ou le très controversé Eddie and the Hot Rods.
Même si le premier groupe punk britannique ayant sorti un
disque fut The Damned, dont le premier single vinyle parut
confidentiellement durant l'été 1976 (son titre phare
étant "New Rose"), les véritables
débuts du mouvement ont été les premiers
concerts des Sex Pistols au Roxy Club et au 100 Club de Londres et
l'interview du groupe dans une émission de large audience.
Le passage des Sex Pistols et du Bromley Contingent à la
télévision a suscité un véritable
engouement mais aussi une très vive hostilité
(aboutissant à l'interdiction de la plupart de leurs
concerts), qui fut l'un des engrais essentiels du
phénomène. À partir de là le punk,
médiatisé, a enflammé une partie de la
jeunesse.
En France, les pionniers du mouvement furent le
« petit cercle d'initiés » qui se
créa autour d'Élodie Lauten. Revenant du CBGB
à New York, où elle avait entendu Patti Smith
"miauler" d'étranges poèmes rock toutes les nuits,
elle fit découvrir à ceux qui allaient former Angel
Face et European Son (et plus tard, Métal Urbain), à
Alain Pacadis et à Patrick Eudeline (qui décida alors
de former le premier line-up d'Asphalt Jungle), ce tourbillon qui
commençait à envahir la planète.
De son côté, Marc Zermati,
qui avait depuis plusieurs mois ouvert une boutique, l'Open Market, rue des Lombards (dans les Halles),
où se côtoyaient Iggy Pop, les Flaming Groovies et
Doctor Feelgood lorsqu'ils passaient
à Paris, mais aussi Pacadis et Yves Adrien, organisa, en
août 76, le premier festival punk à Mont-de-Marsan.
The Damned clôturèrent les deux journées de
délires. Au même moment, Philippe Bone, passant
l'été à Londres, ramenait en France le premier
single de ce groupe "vinylisé" paru chez un petit label
indépendant qui venait juste d'en presser quelques
exemplaires. C'est ainsi que "New Rose", sur la face A de ce
disque, retentit pour la première fois dans un lieu public
en France, au Gibus club.